Mille ans de christianisme

 

C'est des mains d'un évêque byzantin que Boris et tout son peuple reçurent le baptême en l'an 865. Et c'est ainsi que l'Église bulgare s'organisa sur le modèle byzantin.

Cette Eglise gardait certes des liens avec Rome mais ils se distendirent après la séparation entre Rome et Constantinople en 1054.

Toutefois, l' Eglise bulgare supporta mal d'être dirigée par des Grecs et créa son propre Patriarcat à Tirnovo de 1204 à 1393. Sous l'occupation turque, qui permit néanmoins aux peuples asservis de conserver leur foi, l'Église bulgare fut à nouveau dirigée par le patriarcat de Contantinople. La liturgie retourna à l'usage de la langue grecque et non plus du slavon.

Cependant, les monastères bulgares, comme celui de Saint-Jean-de-Rila, maintinrent les traditions intellectuelles et artistiques de la nation bulgare.

A partir du 10 ème siècle, le chritianisme bulgare eut à faire face au mouvement bogomile, du nom du prêtre qui en fut l'initiateur, Bogomil. Condamné par l'Eglise bulgare au concile de Tirnovo en 1211, ce mouvement continua pourtant à se répandre dans tous les Balkans pendant cinq siècles. D'inspiration manichéenne, il opposait la lumière et les ténèbres, le Bien et le Mal. Les fidèles étaient partagés en "parfaits" et en "auditeurs." Les Bogomiles auront une descendance en France avec l'hérésie cathare des Albigeois.

L'Eglise bulgare orthodoxe était de rite byzantin- slave mais dès le 13ème siècle, les marchands de Raguse introduisirent le rite latin dans leurs comptoirs commerciaux. Tout particulièrement, ce furent des ouvriers du cuivre venus de Saxe qui importèrent avec eux ce rite, si bien que le pape Clément III leur donna en 1595 un évêque de rite latin, Mgr Pierre Solinate.

Mais les Bulgares orthodoxes aussi bien que les Turcs supportaient mal cette présence de catholiques de rite latin. Et en 1688, les Turcs exterminèrent tous les prêtres et bon nombre de fidèles catholiques car ils avaient fait appel à l'Occident pour mener une croisade contre la puissance ottomane.

Quelques villages, cependant, restèrent catholiques du côté de Philippopoli ( Plovdiv) au sud du pays et au nord, le long du Danube.

Puis, beaucoup plus tard se produisit un événement important. Le réveil national vers l'indépendance du pays dans les années 1860 fut à l'origine de la formation d'un groupe catholique de rite non plus latin mais byzantin slave. 2.000 Bulgares adhérèrent à l'Eglise catholique tout en conservant leur rite propre. Le chef de cette communauté, l'archevêque Joseph Sokolski, consacré par Pie IX à Rome le 14 avril 1861, sera enlevé et enfermé par un agent russe dans un couvent orthodoxe de Kiev où il mourra vingt ans plus tard.

Les catholiques bulgares des deux rites byzantin slave et latin, après les guerres balkaniques et la première guerre mondiale étaient quasiment réduits à néant. Mgr Roncalli, le futur pape Jean XXIII, fut envoyé en Bulgarie en 1925 par Pie XI pour être leur Visiteur apostolique et ensuite leur Délégué apostolique.

A la fin de la deuxième guerre mondiale, les catholiques bulgares étaient 57.000, soit moins de 1% de la population totale. Et ces catholiques se repartissaient en deux groupes, la majorité d'entre eux étant de rite latin, et 6.000 environ de rite byzantin slave.

 

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