La terreur communiste

 

Avant de s'attaquer à la minorité catholique, une minorité qui est néanmoins considérée comme l'ennemi numéro 1 du communisme car représentante du Vatican et du Pape, le pouvoir communiste bulgare et son parti fort de 800.000 membres ( 1 Bulgare sur 10 ! ) va d'abord s'en prendre aux autres chrétiens, orthodoxes et protestants.

Un rapport du parti communiste, retrouvé aux Archives du parti, analyse par exemple "l'état et l'activité du clergé orthodoxe et catholique entre le 1er janvier et le 31 mars 1948". Il en ressort, dit le rapport, que le Saint Synode de l'Eglise orthodoxe est un "repaire de forces réactionnaires". Les activités des prêtres des paroisses orthodoxes, leurs réunions et leurs propos sont espionnés et analysés. Ils seront vite mis au pas. Prêtres catholiques et pasteurs protestants sont surveillés de la même façon et des rapports sont établis en vue de procès à venir.

Le 16 février 1949 est publiée une loi sur les cultes, inspirée des législations roumaine et russe en la matière. Cette loi a pour conséquences de ligoter entièrement l'exercice du culte: contrôles en tout genre, interdiction de publier, d'enseigner, interdiction d'ouvrir des hôpitaux, des orphelinats, confiscation des biens, etc...Toutes les écoles "étrangères" sont expropriées, notamment quelque 9 collèges et lycées français de garçons ou de filles ainsi qu'un lycée américain.

Du 25 février au 9 mars 1949 se déroule le procès de 15 pasteurs protestants dont quatre sont condamnés à perpétuité. Parallèlement à ce qui se passe en Bulgarie, les Eglises chrétiennes subissent le même sort dans les soi-disant démocraties populaires voisines. Ces Eglises deviennent "l'Eglise du silence".

En Yougoslavie, Mgr Stepinac est arrêté le 17 septembre 1946. En Hongrie, le cardinal Mindszenty est arrêté le 2 décembre 1948 et condamné le 4 février suivant à la prison perpétuelle.
En Tchécoslovaquie, le 20 septembre 1949, des centaines de prêtres et de moines sont arrêtés; des arrestations qui se multiplient les mois suivants pour aboutir le 31 mars 1950 à un procès contre des religieux catholiques condamnés aux travaux forcés et à la fermeture de tous leurs monastères dès le 7 mai de la même année. En tout, 2.000 prêtres seront internés.
En Roumanie, le 10 mai 1950, l'évêque d'Alba Julia, Mgr Arthémis détenu depuis 18 mois, meurt en prison et le 5 juillet, tous les évêques roumains ainsi que 600 prêtres sont emprisonnés.
Le 4 octobre, deux prélats catholiques ukrainiens meurent en Sibérie où ils étaient déportés.
Le 11 décembre 1950, Mgr Beran , archevêque de Prague est arrêté avec plusieurs centaines de prêtres.
En Pologne c'est le cardinal Wyszinski, Primat de Pologne qui sera arrêté le 26 septembre 1953.

Ces quelques rappels de la grande persécution des chrétiens sous la terreur communiste sont nécessaires pour mieux situer le procès qui a abouti à la condamnation à mort des trois Assomptionnistes bulgares et d'un évêque passionniste.

Tous ces procès divers, inspirés par l'URSS, qui a elle- même fait assassiner de 1917 aux années 1980, des centaines d'évêques orthodoxes, des dizaines de milliers de prêtres et des millions de fidèles, ont tous eu pour but de détruire complètement la foi chrétienne. Il fallait la remplacer par le dogme marxiste léniniste.

 

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