Mercredi matin

 

J’espère que votre sommeil n’a pas été trop perturbé de ce que je disais hier après-midi ? Il me semble important de souligner l’importance de l’Esprit Saint dans notre vie.
Peut-être on peut partager sur les textes que vous avez eus hier ?

Qu’est-ce que vous en pensez ?
Aujourd’hui, on va continuer à méditer sur le péché.
 

On va revenir vers l’icône de la résurrection que vous avez et dont on a parlé déjà. Je disais qu’avec la résurrection le Christ prend la place du péché, qui auparavant, depuis Adam et Eve, reliait les hommes par la division et la mort. C’est le Christ qui les ressuscite en les transformant par son Esprit Saint.


Alors, je vous propose de méditer sur certains passages de l’Evangile qui nous parlent sur le péché et l’attitude du Christ dans ces passages ainsi que des autres personnes qui y sont présentes.
Je vous propose pour commencer le passage de l’Evangile de St. Marc 2/1-12 qui parle de la guérison d’un paralytique.
Voici ce que dit ce passage d’Evangile :


« Comme il était entré de nouveau à Capharnaüm, après quelque temps on apprit qu'il était à la maison. Et beaucoup se rassemblèrent, en sorte qu'il n'y avait plus de place, même devant la porte, et il leur annonçait la Parole.
On vient lui apporter un paralytique, soulevé par quatre hommes.

Et comme ils ne pouvaient pas le lui présenter à cause de la foule, ils découvrirent la terrasse au-dessus de l'endroit où il se trouvait et, ayant creusé un trou, ils font descendre le grabat où gisait le paralytique. Jésus, voyant leur foi, dit au paralytique :

« Mon enfant, tes péchés sont remis. »
Or, il y avait là, dans l'assistance, quelques scribes qui pensaient dans leurs cœurs : « Comment celui-là parle-t-il ainsi ? Il blasphème !

Qui peut remettre les péchés, sinon Dieu seul ? »
Et aussitôt, percevant par son esprit qu'ils pensaient ainsi en eux-mêmes, Jésus leur dit : « Pourquoi de telles pensées dans vos cœurs ? Quel est le plus facile, de dire au paralytique :

Tes péchés sont remis, ou de dire : Lève-toi, prends ton grabat et marche ?
Eh bien ! pour que vous sachiez que le Fils de l'homme a le pouvoir de remettre les péchés sur la terre, je te l'ordonne, dit-il au paralytique, lève-toi, prends ton grabat et va-t'en chez toi. »
Il se leva et aussitôt, prenant son grabat, il sortit devant tout le monde, de sorte que tous étaient stupéfaits et glorifiaient Dieu en disant : « Jamais nous n'avons rien vu de pareil.
»

Avant de méditer sur ce passage de l’Evangile, je vous cite un passage du catéchisme orthodoxe, p. 354 qui peut nous aider dans notre réflexion. Voici ce qu’il dit ce passage :
« La plus grave maladie que puisse subir le membre d’un corps, c’est d’être coupé de la tête ou du coeur : si les impulsions nerveuse ne viennent plus du cerveau, le membre est paralysé ; si le sang venant du coeur ne circule plus, c’est la gangrène.

Eh bien, de même, si un membre du Corps du Christ ne perçoit plus la volonté de son Seigneur ; il ne sait plus que faire, comment agir ; la vie n’a plus de sens pour lui.

Et s’il ne reçoit plus du Saint-Esprit le courant de vie et d’amour, il pourrit ; sa personnalité se désagrège ; à la limite, c’est la folie. Cette coupure entre l’homme et Dieu s’appelle le péché. Le remède, la guérison, vient du Christ, « médecin de nos âmes et de nos corps » ; lorsque par la puissance du Saint-Esprit et le mystère de l’Eglise, la Main guérissante du Christ vient se poser sur l’homme qui se tourne vers Lui en implorant la miséricorde du Père, le pécheur pardonné et guéri est réintégré dans la vie du Corps : c’est le mystère du repentir. »
Voilà ce que nous dit la Catéchèse Orthodoxe sur la maladie et le remède.
Alors, comment comprendre ce passage d’Evangile, comment le comprendre à partir de notre vie communautaire ?
Il y a beaucoup de choses étonnantes dans ce passage. Il y a beaucoup du monde, mais tous ne sont pas présents dans le même esprit. On voit les réactions des uns et des autres. Et ces réactions sont par rapport à la guérison de ce paralytique. Les uns ne sont pas contents, les autres « étaient stupéfaits et glorifiaient Dieu en disant :

« Jamais nous n'avons rien vu de pareil. »
Mais il est intéressant ce paralytique et les quatres hommes qui le portent.
Un paralytique est quelqu’un qui n’a plus de pouvoir sur lui-même. Il ne contrôle plus aucun de ses membres. Il est en dislocation. Chaque membre peut faire ce qu’il veut, ou bien on peut faire avec lui ce qu’on veut. Il faut quatre pour porter quelqu’un dans un état pareil sur un grabat. Est-ce que ce sont ses frères ou bien des amis, l’Evangile ne nous dit rien. Mais ce qu’il nous dit, c’est qu’ils le transportent avec la foi. « Jésus, voyant leur foi… »
En effet, leur foi devait être très grande. Les quatres sacrifient leurs forces, leur temps, et certainement beaucoup d’autres choses, pour porter un seul. Et certainement qu’il était d’un grand poids.

Et bien que tous les accès jusqu’à Jésus Christ semblent fermés, ils sont prêts à monter sur le toit de la maison, faire un trou et faire descendre le paralytique devant Jésus-Christ.
Et là, on peut se demander si l’on est capable dans nos communautés de porter notre frère ou sœur qui sont dans une situation difficile ?

Qu’est-ce qu’on est prêt à sacrifier pour lui ou pour elle afin de leur permettre à trouver une nouvelle vie ?

Est-ce qu’on est prêt à les portent jusqu’à Jésus Christ ?

Ou bien cela ne nous intéresse pas ? Ou bien on dit : qu’il se débrouille tout seul ?

Ou bien on dit : il a bien mérité cela ? Dans ces cas, combien est ouvert notre horizon ? Dans une telle atmosphère combien nous avons le regard orienté vers le Christ ?
Il est intéressant ce que le Christ dit dans une telle situation. Selon l’Evangéliste Marc :

« Jésus, voyant leur foi, dit au paralytique : « Mon enfant, tes péchés sont remis. » C’est bien quelque chose de troublant ! Quelqu’un qu’on apporte pour le guérir, on lui dit : « Mon enfant, tes péchés sont remis. »
Je ne sais pas si l’on est conscient quelle force il a le péché. Il semble que le péché a plus de force que la maladie.

Et c’est de cela qu’ils sont conscients quelques pharisiens présents qui pense dans leur cœur en se disant : « Il blasphème ! Qui peut remettre les péchés, sinon Dieu seul ? » C’est seulement Dieu qui peut nous débarrasser du péché, parce que, nous les hommes, on n’en a pas la force.
Elle est intéressante la question que pose le Christ par la suite aux scribes qui pensaient qu’Il blasphème. Il leur demande : Quel est le plus facile, de dire au paralytique : Tes péchés sont remis, ou de dire : Lève-toi, prends ton grabat et marche ?
On voit facilement que de guérir quelqu’un dans son corps avec une parole, est beaucoup plus difficile. Comment rendre à quelqu’un la pleine santé avec une simple parole ? C’est quelque chose d’inimaginable : Lève-toi, prends ton grabat et marche ? et celui-ci est guéri.

 

 

Mais, est-ce que pardonner les péchés est plus facile ?

Peut-être, quand on parle comme ça, cela nous semble facile, mais dans les cas concrets dans nos communautés, est-ce que cela nous semble aussi facile ?

Combien il y a des gens qui n’arrivent pendant des années, et parfois pendant toute une vie, à ne pas pardonner ? Pourquoi est-ce si difficile ?

Pourquoi cela nous semble parfois, impossible ?


Peut-être ces scribes ont raison de dire que seulement Dieu peut pardonner les péchés.
Nous acceptons bien le fait de ne pouvoir pas guérir quelqu’un avec une simple parole.

Nous voyons là de fait notre impuissance, notre faiblesse. On dirait que cela ne nous touche pas. Mais, ne pouvoir pas pardonner, est-ce que cela témoigne de notre faiblesse ou bien de notre orgueil ? Est-ce que nous ne pardonnons pas à cause de notre faiblesse ou bien par notre orgueil ?
Ce qui est étonnant, c’est que le Christ relie ensemble la maladie et le pardon des péchés. Il dit aux scribes : pour que vous sachiez que le Fils de l'homme a le pouvoir de remettre les péchés sur la terre, je te l'ordonne, dit-il au paralytique, lève-toi, prends ton grabat et va-t'en chez toi. »
En regardant l’icône de la résurrection que je vous ai donné, on voit que le Christ, sa parole, prend la place du péché et tout ce qui a été disloqué trouve de nouveau le lien.

Ses membres corporels sont de nouveau reliés et deviennent un tout.

Et le Christ lui dit aussi : « et va-t'en chez toi. »

Tant qu’il était sous la domination du péché, il a été disloqué, il n’était pas chez soi. Maintenant de nouveau il peut retrouver sa communauté, son chez soi.
Je vous souhaite une bonne méditation et une bonne recherche personnelle pour bien rentrer chez vous.

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