Mardi soir


J’espère que vous avez bien pu méditer les paroles d’Augustin et les paroles de Psaume 54.
Pour terminer cette journée je voudrais vous proposer une méditation et une réflexion sur l’Esprit Saint.

Pourquoi ce choix ?
Dans la tradition latine, je n’ai pas rencontré beaucoup d’insistance sur l’Esprit Saint, au moins pendant que je vivais dans cette tradition.

C’est dans la Tradition Oriental que j’ai découvert l’importance de l’Esprit Saint. Et cela m’a beaucoup aidé dans mon cheminement spirituel.

Cela m’a ouvert un horizon plus grand.
Je ne sais pas si on réfléchi beaucoup sur ce qui est spirituel, sur ce qui anime, sur ce qui nous anime ?
Est-ce que nous réfléchissons quel esprit nous anime dans notre vie personnelle ?

On dirait qu’il y a toujours quelque chose qui nous mène, qui nous tire derrière soi.

Qu’est-ce que c’est ? Est-ce que nous sommes vraiment libres ?

Ou, peut-être, que nous ne rendons même pas compte que nous sommes mené par le bout du nez ?
Est-ce que nous réfléchissons quel esprit nous anime dans notre vie communautaire ?

Dans nos communautés est-ce qu’on se pose la question : quel esprit est parmi nous, quel esprit nous fait vivre ensemble ?

Ou bien ces questions sont très délicates à poser dans la vie communautaire ?

Qu’est-ce qui peut en sortir dans les échanges sur ces questions ?

Peut-être qu’on a peur d’aborder ces questions ?

Si l’on abord une telle question est-ce que cela ne provoquera pas des conflits ?

Si cela provoque des conflits, cela témoigne aussi de cet esprit qui nous anime au quotidien. Probablement, cela ne sera pas l’Esprit Saint.
Je pense que c’est très important de se poser ces deux questions : quel est cet esprit qui m’anime, quel est cet esprit qui anime notre vie communautaire ?

De part et d’autre, est-ce que c’est un esprit de fermeture qui nous anime ou bien un esprit d’ouverture ?
Dans la Bible, des l’Ancien Testament est souligné l’importance de l’Esprit Saint.

Des les premiers mots de la création est dit :

 « l’Esprit de Dieu planait sur les eaux ».

D’après la Tradition orientale, c’est le souffle vivifiant de Dieu.

Et dans la catéchèse orthodoxe « Dieu est vivant » p.276 est dit :

« L’Esprit de Dieu planait sur les eaux » : cela évoque l’image de l’oiseau qui couve ses petits et les protège en planant au-dessus d’eux. Il y a donc un rapport d’amour entre Dieu et sa création. Toutefois l’Esprit de Dieu demeure séparé de la création, il est au-dessus des eaux. »
Mais dans la Tradition Orientale est souligné aussi un événement de l’Ancien Testament qui est en contradiction avec la Pentecôte.

Cet événement est nommé l’anti-Pentecôte, et c’est la tour de Babel.

« L’histoire de Babel (Genèse 11/1-9) qui est l’anti-Pentecôte, nous dit la Catéchèse orthodoxe, montre comment l’entreprise des hommes est vouée à l’échec quand elle se fait sans le concours de l’Esprit ; il en résulte confusion et guerre. »
Et qu’est-ce il y a dans l’événement de Babel ? Justement, c’est le problème de la langue.

Chacun devient enfermé dans sa langue et ne comprend pas l’autre. Il n’y a plus de communication.

Et bien qu’ils soient ensemble, en fait ils sont dispersés.

Par manque de la compréhension ils sont éloignés les uns des autres. Et là, on peut se poser la question : dans la communauté où je vis, est-ce que c’est la Tour de Babel ou bien la communauté de Pentecôte ?
Et voici encore un texte de la Catéchèse Orthodoxe :

« Ainsi nous trouvons-nous dispersés de par le monde, séparé les uns des autre ; personne ne se comprend plus ; races et nations, classes sociales et idéologies se haïssent, se combattent et s’entre-tuent.

Jusqu’à l’intérieur d’une même famille on ne communique plus : hommes et femmes, parents et enfants, ont souvent l’impression qu’une barrière se dresse entre eux. Chacun s’enferme dans la cage de son égoïsme : « On ne me comprend pas » (Essaies-tu, toi, de comprendre les autres ?) Alcool, drogue, débauche sexuelle, psychoses de foule…

Autant de moyens artificiels par lesquels l’homme tente de sortir de son isolement, de briser ce mur qui emprisonne sa personne : vains efforts qui ne débouchent que sur un désespoir encore plus noir…

Sans le Créateur – qui est le moyeu de la société – les hommes ne peuvent plus ni communiquer entre eux, ni s’intégrer à la Création : l’orgueil de Babel a brisé l’unité des hommes et l’harmonie du monde. » (p.286-287).
Et là, on peut se demander, dans nos communautés est-ce qu’il y a de l’orgueil, personnel et communautaire et quels sont les moyens par lesquels on tente de sortir de notre isolement ?
Mais il y a la Pentecôte. Et là, tout change.

Ce qui est intéressant, c’est que les disciples sont ensemble, et lorsque l’Esprit descend, ils se dispersent. Mais cette fois-ci ce n’est pas par manque de la compréhension, mais au contraire pour communiquer avec tous les hommes. Ils parlent la langue compréhensible par tous, ils parlent toutes les langues.

Ce qui est intéressant aussi c’est qu’ils ne sont plus enfermés.

Comme nous dit l’Evangile de la fête de Pentecôte cette année, ils se sont enfermés et vivait dans la peur.

Le Christ ressuscité, malgré leur enfermement, vient au milieu d’eux, leur donne la paix, souffle sur eux et les envoie par toute la terre.

Voilà ce que je souhaite pour chacune de nos communautés : apprendre la langue des uns et des autres, et être envoyés par toute la terre, sans préjugés, et ainsi sortir de nos enfermements personnels et communautaires, pour annoncer les merveilles que Dieu fait dans nos vies.

Voici encore ce que dit le catéchisme orthodoxe concernant l’action de l’Esprit Saint dans la vie de la Vierge Marie:

« Lorsque l’Esprit prend la Vierge sous son ombre, Celui sur Lequel Il repose devient présent en elle. Or, de toute éternité, Il repose sur le Fils (voir Isaïe 61/1). C’est pourquoi, par Son opération, la Vierge devient enceinte (Isaïe 7/14) du Fils de Dieu : ‘Doigt du Père, le Saint Esprit écrit la Parole sur le livre vierge qu’est le sein de Marie’ (acathiste chantée en l’honneur de la Vierge pendant le Carême) »
Pour terminer je vous propose une prière que la Tradition Orientale dit au début de chaque prière des heures et de la célébration de la Divine liturgie. C’est la prière à l’Esprit Saint. La voici :
 

Roi céleste, Consolateur, Esprit de vérité, partout présent et remplissant l‘univers, trésor de grâces et donateur de vie, viens et demeure en nous, purifie-nous de tout péché, et sauve nos âmes, ô Dieu de bonté.
 

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