Lundi soir


J’espère que je ne vous ai pas trop perturbé dans votre repos après le déjeuné avec tous ces questions. Mais ces questions n’ont pas eu pour but de nous culpabiliser.

Il faut seulement que nous réussissons à nous découvrir en présence de Dieu.
C’est à travers tous ces années que j’ai passé jusqu’à maintenant dans la tradition spirituelle orientale, que j’ai découvert, ou pour dire mieux, que je suis en train de découvrir la grandeur de Dieu.

Je pense que c’est quelque chose de fondamental pour entrer dans cette tradition.

Comme je dis souvent, je n’ai pas rencontré dans ce pays aucune personne qui dirait qu’elle est athéiste (sauf ces derniers jours devant notre église).

Et pourtant, tout ce peuple a vécu plus de 40 ans dans une société qui niait l’existence de Dieu.
Dans la tradition orientale est inimaginable de dire que Dieu n’existe pas ou de montrer les preuves de son existence.

Mais cette découverte de la Grandeur de Dieu détermine aussi la compréhension de notre situation.
Voici ce qu’écrit archimandrite Placide Deseille en parlant de la place du théologien dans l’Eglise. Il commence par raconter une histoire qui s’est passé réellement.
 

« On raconte qu’un éminent professeur rendit un jour visite au Père Païssios, un Ancien du Mont Athos. On présenta à celui-ci le Professeur comme un ‘théologien’. L’Ancien fit, comme pour lui-même, cette réflexion : « Un théologien ? Ah, une belle fleur… artificielle ! » Il respira, et ajouta :

« Avec, dessus, un peu de parfum… artificiel ! »

Le professeur, qui avait un cœur humble, fit une métanie et garda le silence.

Il avouait plus tard que cette parole du Père Païssios lui était allée droit au cœur, et qu’elle avait changé toute sa manière de penser, d’enseigner et de vivre. »

(Archimand. Placide Deseille : « Peut-on parler de Dieu ? », p.3)
 

Est-ce que nous sommes conscients que Dieu est Grand ? Est-ce que la Grandeur de Dieu provoque quelque chose en nous ?
Comment on se sent en présence d’une Grandeur ? Est-ce qu’on pense, est-ce qu’on sent que dans notre vie il y a quelque chose de grand ou bien non ?

 Ou bien c’est nous-même qui nous nous sentons Grands et que ne nous acceptons pas qu’il y quelqu’un de plus grand que nous ?
Accepter la Grandeur dans notre vie, c’est se sentir petit.

Et cela nous perturbe. Comment accepter d’être petit ?

Peut-être c’est à cause de cela que nous fuyions la grandeur de quelqu’un, ou bien on essaie d’arriver à sa grandeur et de la dépasser, si possible.

Et là, de nouveau on revient vers le jardin du paradis, vers Adam et Eve.
Peut-être toutes nos relations dans la vie, dans notre vie quotidienne, sont basées sur cette recherche de la grandeur qu’on peut traduire dans le mot d’orgueil.

Et bien sûr, l’orgueil et la petitesse ne marche pas ensemble.

St. Augustin disait que le premier de tous les péchés c’est le péché d’orgueil. De lui proviennent tous les autres péchés.
Quand est-ce que naît ce péché ? Il est possible qu’il naît des que nous oublions la Grandeur de Dieu ou bien qu’on l’évite, ou bien qu’on veut le remplacer.
Il y a quelque chose intéressant qu’on peut se demander :si la grandeur conduit vers l’orgueil, vers le péché, pourquoi pour la Grandeur de Dieu on ne dit pas que c’est de l’orgueil ou le péché? Pourquoi cette distinction entre la Grandeur de Dieu et celle que nous cherchons spontanément ?

Peut-être que nous ne voyons pas ce qu’est pour notre Dieu la Grandeur ?

La Grandeur de Dieu c’est précisément dans sa petitesse, dans son humilité.

C’est bien perturbant pour notre compréhension et pour beaucoup de croyants des autres religions. Accepter quelque chose de pareille est choquant.

De fait, comment la Grandeur de Dieu peut-il être dans sa petitesse et dans son humilité ?

Cela perturbe notre raison, notre façon de réfléchir sur Dieu. Ici se pose aussi une question pour nous : est-ce que nous acceptons d’être perturbés par la Grandeur de Die ; est-ce que nous acceptons de ne pouvoir pas mettre le Seigneur Dieu sous notre contrôle ?

Au contraire, est-ce que nous désirons, est-ce que nous voulons, du fait que la Grandeur de Dieu est dans sa petitesse, d’approfondir constamment son mystère ?
En terminant, je vous propose de méditer personnellement les paroles de la Divine liturgie que le prêtre dit pour introduire à l’hymne du « trois fois Saint ».
« Dieu saint,
- qui habites parmi les bienheureux. Toi qu‘en une hymne trois fois sainte les Séraphins exaltent, les Chérubins glorifient et toutes les Puissances célestes adorent,
- Toi qui du néant à l‘être as fait passer toutes choses, créant l‘homme à Ton image et ressemblance et l‘ornant de tous Tes dons,
- Toi qui accordes sagesse et intelligence à qui Te le demande, qui ne méprises pas le pécheur, mais pour son salut, lui ménages pénitence,
- Toi qui nous donnes, à nous humbles et indignes serviteurs, de nous tenir à cette heure devant Ton glorieux et saint autel et de Te rendre l‘hommage et l‘adoration qui Te sont dus:

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mgs. Metodi Stratiev Assomptionniste

- Seigneur, recueille de nos lèvres à nous, pécheurs, l‘hymne trois fois sainte et visite - nous de Ta miséricorde. Pardonne-nous toute fautevolontaire ou involontaire, sanctifie nos âmes et nos corps, et donne-nous de Te servir saintement tous les jours de notre vie, grâce aux prières de la sainte Mère de Dieu et de tous les saints en qui Tu as mis, de tout temps, Tes complaisances.
Car Tu es saint, ô notre Dieu, et nous te rendons gloire, Père, Fils et Saint-Esprit, maintenant et toujours et dans les siècles des siècles.
»


C’est après ces paroles que la chorale et le peuple dit ou chantes l’hymne du « trois fois Saint ».

« Dieu Saint, Saint Fort, Saint Immortel, prends pitié de nous. » ( 3 fois ).

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