Jeudi matin

 

Bonjour à tous (à toutes). J’espère que vous vous êtes bien réveillés et que le festin d’hier soir s’est bien passé ?

Devant le texte que je vous ai donné hier soir, comment vous avez réagie ?

(peut-être un partage ?)
Ce matin je voudrais vous proposer une méditation à partir de l’Evangile, et qui concerne les démons.

Voici ce passage de l’Evangile de St. Marc au chapitre 5/1-20 :


« Ils arrivèrent sur l'autre rive de la mer, au pays des Géraséniens. Et aussitôt que Jésus eut débarqué, vint à sa rencontre, des tombeaux, un homme possédé d'un esprit impur : il avait sa demeure dans les tombes et personne ne pouvait plus le lier, même avec une chaîne, car souvent on l'avait lié avec des entraves et avec des chaînes, mais il avait rompu les chaînes et brisé les entraves, et personne ne parvenait à le dompter.

 

Et sans cesse, nuit et jour, il était dans les tombes et dans les montagnes, poussant des cris et se tailladant avec des pierres.Voyant Jésus de loin, il accourut, se prosterna devant lui et cria d'une voix forte : « Que me veux-tu, Jésus, fils du Dieu Très Haut ? Je t'adjure par Dieu, ne me tourmente pas! »
Il lui disait en effet : « Sors de cet homme, esprit impur ! »

Et il l'interrogeait : « Quel est ton nom ? » Il dit : « Légion est mon nom, car nous sommes beaucoup. » Et il le suppliait instamment de ne pas les expulser hors du pays.
Or il y avait là, sur la montagne, un grand troupeau de porcs en train de paître.

Et les esprits impurs supplièrent Jésus en disant : « Envoie-nous vers les porcs, que nous y entrions. »

Et il le leur permit.


 

Sortant alors, les esprits impurs entrèrent dans les porcs et le troupeau se précipita du haut de l'escarpement dans la mer, au nombre d'environ deux mille, et ils se noyaient dans la mer.

Leurs gardiens prirent la fuite et rapportèrent la nouvelle à la ville et dans les fermes ; et les gens vinrent pour voir qu'est-ce qui s'était passé. Ils arrivent auprès de Jésus et ils voient le démoniaque assis, vêtu et dans son bon sens, lui qui avait eu la Légion, et ils furent pris de peur. Les témoins leur racontèrent comment cela s'était passé pour le possédé et ce qui était arrivé aux porcs.

Alors ils se mirent à prier Jésus de s'éloigner de leur territoire.
Comme il montait dans la barque, l'homme qui avait été possédé le priait pour rester en sa compagnie. Il ne le lui accorda pas, mais il lui dit : « Va chez toi, auprès des tiens, et rapporte-leur tout ce que le Seigneur a fait pour toi dans sa miséricorde. »
Il s'en alla donc et se mit à proclamer dans la Décapole tout ce que Jésus avait fait pour lui, et tout le monde était dans l'étonnement.
»

J’espère que vous n’êtes pas très choqués par ce passage d’Evangile.
Quand on lit attentivement cet Evangile, on est aussi choqué et perturbé. Cela peut nous déstabiliser.
Quelque chose qui étonne d’abord est cet homme possédé.

Quand il parle avec le Christ, on ne sait pas qui parle.

Est-ce que c’est lui, est-ce que c’est l’esprit mauvais ? Et même parfois il parle, il s’exprime au pluriel. De quoi témoigne cela ?
Peut-être que dans cet homme il y a plusieurs personnalités ? Et dans cette condition qu’elle est sa vraie personnalité ?

Est-ce qu’il a une vraie personnalité ?

On dirait que ce n’est pas cet homme qui parle, mais quelqu’un d’autre en lui.

On dirait aussi que seulement le corps de cet homme est vrai, mais celui qui est en lui, c’est quelqu’un d’autre, et que ce corps est sous la domination de cet autre qui fait de lui comme il lui semble bon.
Dès le début, cet autre se présente au singulier :

« Que me veux-tu, Jésus, fils du Dieu Très Haut ? Je t'adjure par Dieu, ne me tourmente pas ! »

Ce qui est étonnant dans cette déclaration, c’est que ce démon, dès le départ reconnaît le Christ comme le fils du Dieu Très Haut. Ce qui est intéressant c’est que les autres hommes ne reconnaissent pas le Christ, et le mauvais esprit le reconnaît. En présence du Christ, le mauvais esprit se sent dérangé et perturbé. Il lui dit clairement,  « Je t'adjure par Dieu, ne me tourmente pas ! » Cela peut dire aussi que Jésus Christ peut nous tourmenter. Et si nous nous sentons tourmenté, c’est peut-être un mauvais esprit qui est en nous et qui n’accepte pas la présence du Christ ?
Le Christ, dans ce dialogue avec mauvais esprit qui se sente tourmenté par lui, lui pose la question : « Quel est ton nom ? » Et à lui de répondre : « Légion est mon nom, car nous sommes beaucoup. » En ce temps-là, la légion romaine compté autour de 2000 hommes. Cela veut dire que dans cet homme il y avait 2000 mauvais esprits. C’est pas mal !
Au début de ce passage, Evangile nous dit où il vivait cet homme.

« il avait sa demeure dans les tombes et personne ne pouvait plus le lier, même avec une chaîne, car souvent on l'avait lié avec des entraves et avec des chaînes, mais il avait rompu les chaînes et brisé les entraves, et personne ne parvenait à le dompter.
Cela veut dire peut-être que là où il y a un mauvais esprit on ne peut pas vivre avec les autres.

On dirait que sa place est parmi les tombes.

Justement dans un cimetière il y a la multitude, mais chacun est à part.

Il y a la multitude ensemble sur un petit espace, mais on ne communique pas entre ceux qui sont là. Et là, on peut se poser la question concernant nos communautés est-ce qu’elles ne sont pas en danger à devenir des cimetières, des gens qui vivent ensemble mais qui ne communique pas ? Justement c’est le rôle du péché de nous séparer.

C’est le mauvais esprit qui enlève l’identité de notre communauté et de ce fait de nous-même qui vivons dedans. C’est là que nous pouvons nous poser la question : sommes-nous prêts à accueillir Jésus Christ dans notre communauté ou bien on n’aime pas être tourmenté par lui ? Peut-être dans ces moments il faut que nous regardions l’icône que nous avons dans nos mains et que nous acceptions que le Christ nous tire les uns et les autres de nos tombeaux vers lui, et que lui devient le lien entre nous.
Justement, la suite de ce passage d’Evangile peut nous aider à voir quelle est notre attitude par rapport au Christ, par rapport à sa présence parmi nous.
Les esprits mauvais, présents dans cet homme, supplie Jésus Christ en lui disant : « Envoie-nous vers les porcs, que nous y entrions. »

Et le Christ leur permet. Et qu’est-ce qu’il arrive ? Tout le troupeau, c’est-à-dire 2000 ports se précipita dans la mer. Deux mille ports se noyèrent dans l’eau à cause d’un homme.

Est-ce normal ? Est-ce acceptable quelque chose de pareille ?

On dirait que la libération des esprits mauvais coûte très cher. Peut-on se permettre quelque chose de pareille ? Et on peut comprendre que les propriétaires de ces porcs ne sont as contents. Est-ce que nous, nous serons contents dans nos communautés, que le Christ, à un tel prix nous retire le mauvais esprit ?
Les gens de la ville sont étonnés ce qu’il leur arrive. L’Evangile nous nous dit : « Ils arrivent auprès de Jésus et ils voient le démoniaque assis, vêtu et dans son bon sens, lui qui avait eu la Légion, et ils furent pris de peur.
Ce qu’ils voient leur semble inacceptable. Qu’est-ce qu’ils voient ?

 « Ils voient le démoniaque assis, vêtu et dans son bon sens, lui qui avait eu la Légion. » De fait, comment accepter que quelqu’un qu’on considère comme un démoniaque, comme quelqu’un de mauvais, soit assis auprès de Jésus Christ, auprès des autres ? De plus, il a été vêtu et dans le bon sens.
Une telle vision, d’après l’Evangile, produit la peur dans ces gens : « ils furent pris de peur. »

On peut se demander pourquoi cette peur ? D’où provienne cette peur ? Tout devient normal, et on a peur de cela ? On dirait quand les choses deviennent normales, pour nous alors c’est quelque chose d’anormal.
Et dans cette situation qui leur semble anormal, et où le troupeau de 2000 porcs s’est noyé, quel est la décision qu’il faut prendre ? Evangéliste Marc nous dit : « Alors ils se mirent à prier Jésus de s'éloigner de leur territoire. »
Comme on peut constater, on est tombé dans une vraie confusion. Jésus Christ expulse les démons dans un environnement et c’est ensuite lui-même qui est expulsé de cet environnement. Il semble que c’est moins cher que les démons restent au lieu que le Christ prenne la place au centre de cet environnement ?

C’est très cher que le Christ soit au centre. Pourquoi ? Parce qu’on doit abandonner quelque chose de soi-même.

On préfère que nos porcs soient là, plutôt que Jésus Christ. Car avec sa venue parmi nous, il y a un grand risque qu’on perd nos porcs. Est-ce que c’est un risque acceptable dans nos communautés ?
Il est intéressant la suite de la vie de celui de qui Jésus Christ a chassé les démons. Lui, il voulait, après tout ce qu’il lui est arrivé de la part de Jésus Christ, de le suivre dans la barque. Mais le Christ ne lui accorde pas. Il lui dit : « Va chez toi, auprès des tiens, et rapporte-leur tout ce que le Seigneur a fait pour toi dans sa miséricorde. »
 

A partir de ce moment là, cet homme devient ouvert. Jusqu’à là il a été enfermé dans les tombes, fermé à tout ce qu’il est en dehors de lui, et maintenant, après l’intervention de Jésus Christ dans sa vie, il devient ouvert, il n’est plus obsédé par lui-même. Et l’Evangile nous dit : » Il s'en alla donc et se mit à proclamer dans la Décapole tout ce que Jésus avait fait pour lui, et tout le monde était dans l'étonnement. »

Et nous, est-ce que nous pouvons proclamer ce que Jésus Christ a fait pour nous ?

Est-ce que chacune de nos communautés peut dire ce que Jésus Christ a fait pour elle ?

Ou bien on a rien vu et senti ? Peut-être qu’on continue à rester enfermés ?



Je vous souhaite une bonne méditation et que vous découvriez encore pleine d’autres choses.

(Pour méditation je vous propose aussi un teste : l’extrait de la Divine liturgie de St. Jean Chrysostome que prêtre dit avant l’Evangile)
« Fais briller dans nos coeurs, ô Maître qui nous aimes, l‘éternelle lumière de la divine sagesse et ouvre notre esprit à l‘intelligence des enseignements de Ton saint Evangile.
Inspire-nous la crainte de Tes commande-ments bienheureux afin que, réprimant en nous les désirs de la chair, nous commen-cions à vivre selon l‘esprit, orientant toutes nos pensées et tous nos actes vers Ton divin bon plaisir.
Car la lumière de nos âmes et de nos corps c‘est Toi, ô Christ notre Dieu: aussi Te rendons-nous gloire ainsi qu‘à Ton Père éternel et à Ton Esprit très saint, bien-faisant et vivifiant, maintenant et toujours et dans les siècles des siècles. Amen.
»

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