Le novice Iulian Danca partage ses impressions

sur le stage apostolique à Plovdiv

 

Cette année le stage apostolique des novices s’est ouvert à de nouvelles destinations. On a quitté l’Hexagone pour faire cette belle expérience dans d’autres pays : Bulgarie, Roumanie, Angleterre. Moi, comme jeune roumain, j’ai été envoyé en Bulgarie pour faire mon stage dans la communauté des frères assomptionnistes de Plovdiv. Est-ce que j’ai été surpris au moment où le père Provincial m’a donné cette « bonne nouvelle » ? Disons que la première réaction n’a rien à voir avec l’expérience vécue. Dans un cadre nouveau, on fait toujours des découvertes. Donc, le 12 avril, j’ai pris le vol de Paris pour Sofia, mon séjour étant programmé jusqu’au 28 avril. Cela peut sembler un temps court pour se plonger dans la tradition orientale à tous les niveaux : religion, coutumes, mentalités et tout ce qui touche à l’esprit bulgare.

            Mais je pense que le but d’un tel stage est de permettre un premier contact avec une autre tradition, une première rencontre avec une autre culture. Pour cette raison j’ai essayé de garder l’esprit ouvert tout en désirant dépasser le stade du simple observateur.

            En écrivant maintenant quelques impressions sur ce que j’ai vécu pendant ces semaines, je vois les choses autrement. La communauté de Plovdiv a eu la bonté de me donner cette possibilité de m’enrichir, d’apprendre à respirer avec les deux grands poumons de la tradition chrétienne. Découvrir la tradition orientale  permet de s’ouvrir plus pleinement à toute la richesse de la spiritualité chrétienne. Un séjour dans le pays où l’on dit  ‘Gospodi’ (‘Seigneur’ en bulgare) ne pouvait se passer autrement.

            J’ai découvert davantage le visage de l’Assomption d’Orient à travers nos frères présents à Plovdiv : Claudio, Daniel et Petar. Ils portent un héritage unique pour notre Congrégation et encore plus pour toute l’Eglise. C’est comme une flamme, qui ne s’éteint pas. La preuve, c’est que le communisme a échoué dans sa tentative de l’éliminer.

            Notre communauté de plovdiv vit son propre présent. Les frères m’ont aidé à connaître les nouveaux défis qu’ils sont appelés à relever : les apostolats dans des endroits parfois éloignés, la pastorale des enfants et des jeunes, la catéchèse des adultes, le dialogue œcuménique. Cela demande disponibilité et beaucoup d’énergie. Et comme j’ai eu la chance de vivre mon stage pendant la période de la Semaine Sainte et des fêtes pascales, j’ai eu l’occasion de participer à tout cela. Je suis allé à Kuklen, à Pokrovan, j’ai rencontré les communautés locales, les jeunes, les enfants, et même Mgr Christo durant notre journée passée à Pokrovan.

            Il ne faut pas oublier le rite, qui est d’une grande richesse. C’est vrai que je ne connais pas grande chose de la langue, de la liturgie et de cette manière différente de s’approcher du mystère chrétien. Mais j’ai découvert que la répétition fréquente de ‘Gospodi pomilvai’ (Seigneur, aie prends) n’était pas du tout qu’une simple formule apparemment monotone, mais qu’au contraire, elle cachait quelque chose sur Dieu : c’est toute une riche spiritualité ramassée en deux mots, c’est la foi qui imprègne le quotidien des gens. Vivre la Semaine Sainte dans le rite oriental, c’est riche. J’ai découvert que la beauté parle d’elle-même : ni la durée, ni mes difficultés de compréhension ne peuvent la réduire au silence. C’est une beauté qui passe à travers les icônes, les chants, la foi des gens, la lumière des cierges, les célébrations, les gestes liturgiques, la joyeuse salutation pascale: Christos vescresna! Na istina vescresna! (Le Christ est ressuscité ! Il est vraiment ressuscité !)

            Pour un catholique latin comme moi, c’est un monde nouveau où le signe de la croix, fait différemment, témoigne d’une richesse unique. Apprendre à le faire, c’est apprendre à être oriental. Mon stage en Bulgarie a été une leçon pour ma propre foi : découverte du Seigneur ( Gospodi ) dont peut-être j’ignorais qu’Il pouvait avoir un autre visage. Il est important de Le sentir, de Le rencontrer. C’est une réalité, qui paradoxalement dépasse les barrières que constituent la méconnaissance de la langue et celle du rite, même si celles-ci demeurent réelles. Rester ouvert, c’est la meilleure attitude : c’est un découverte qui prend du temps, parfois des années, selon le témoignage des frères.

            Comme novice, j’ai goûté un peu ce qu’on appelle « La Mission d’Orient ». Trois frères bulgares ont déjà payé de leur vie le prix de leur fidélité. Cela me rappelle le devoir de garder vivante leur mémoire, c’est une « Mission sanctifiée » d’une certaine manière.

            Notre communauté de Plovdiv manifeste que cela peut continuer, et le travail de nos frères maintenant présents me donne de l’espoir pour l’avenir. Même si je m’interroge sur le destin de la petite communauté orientale, je crois que l’Assomption a été gagnée par l’Orient.

            En même temps, j’ai admiré la collaboration déployée ici entre les frères assomptionnistes et les soeurs oblates : il y a de l’harmonie qui passe par une vraie fraternité ; je m’en réjouis d’autant plus que deux d’entre les soeurs sont d’origine roumaine comme moi...

            Enfin, dans mes promenades j’ai eu l’occasion de mieux connaître Plovdiv, riche de son histoire millénaire (le jeune Boris peut être un bon guide pour ceux qui viennent à Plovdiv). J’ai rencontré occasionnellement les pères Cyrille et Hrabar, Mgr Christo, les soeurs Eucharistines, Lioubcho et d’autres personnes liées de diverses manières à la communauté. J’ai été bien accueilli par tous et je leur en suis reconnaissant.

            Séjour dans un pays où les hommes et les anges unissent leur voix dans la divine liturgie qui est vécue comme une fête commune du ciel et de la terre. Un Gospodi (Seigneur), toujours présent, qui se laisse découvrir au prix d’un voyage,...ici, au bord de l’Orient

 

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