« La lumière luit dans les ténèbres et les ténèbres ne l’ont pas saisie » (Jean 1,5)

 

En ce 12 novembre, nous étions de nouveau rassemblés pour honorer nos pères martyrs : Kamen Vitchev, Pavel Djidjov et Josaphat Chichkov. Ainsi, nous répondions au voeu exprimé l’an passé par notre évêque, Mgr Christo Proykov, que cette fête en l’honneur de nos trois bienheureux devienne une tradition.
Même si c’était plus modestement que l’année dernière, les jeunes, qui sont l’avenir de l’église, étaient à nouveau là pour fortifier leur foi à la lumière de la sainteté de trois martyrs . Il faut souligner aussi que d’Italie, spécialement pour la fête, sont venus le père Sandro Laini et un ami de la communauté de Florence. Nous les remercions très vivement pour leur présence.
La fête commença à trois heures de l’après midi avec la projection du film « Le Balkan crucifié », qui retrace l’histoire de la persécution subite par les trois martyrs. Pour plusieurs d’entre nous, ce fut un véritable choc de découvrir ce qu’ont enduré les Pères Kamen, Pavel et Josaphat, ainsi que beaucoup d’autres pères et sœurs, qui eux, grâce à Dieu, sont sortis vivants de la persécution communiste. Pour cette projection, nous avions invité des amis de l’Eglise évangélique de Plovdiv, qui ont été eux aussi touchés par les épreuves endurées par ces serviteurs de Dieu. Le film a été complété par le témoignage spontané d’une femme, qui était présente au procès de 1952.
Ensuite, nous avons partagé un verre de l’amitié, qui a précédé un moment de partage sur le film entre les jeunes présents. Le P. Petar a conduit le débat en nous posant beaucoup de questions, dont les suivantes : comment comprendre l’attitude des persécuteurs et celle des persécutés ? De quel coté sommes-nous ? Qui donne le droit à un homme de condamner à mort un autre homme ? Est-ce que l’homme peut prier pour ceux qui le persécutent et cherchent sa mort ? Ces questions ont été à l’origine d’un débat très animé, qui nous a amenés finalement à la question de notre propre vocation. Qu’y avait-il au coeur de la vocation de nos trois pères martyrs ? Que cherchons-nous dans notre vie ? Il est en effet très important pour chaque personne de comprendre ce qu’elle cherche et ce qu’elle désire. Tous sans doute cherchent le bonheur, mais comment chacun de nous se le représente-il ? Les réponses ont été nombreuses et variées : « le bonheur, pour moi, c’est d’être utile aux autres » (Boris) ; « pour moi, le bonheur est dans l’amour » (Lili de Pologne) ; « quand tu rends l’autre heureux, c’est alors que tu te sens le plus heureux ». Mais alors, l’homme peut-il être toujours heureux ? A cette question le P. Claudio a répondu que Dieu veut toujours notre bonheur. Mais cela ne peut se réaliser que si nous L’écoutons et faisons sa volonté. La question suivante a aussi été posée : « Sommes-nous prêts à donner notre vie pour avoir la vie ? ». A cette question, nous pouvons répondre affirmativement que grâce à la foi et à l’amour : « si nous sommes conscient de l’amour de Dieu pour nous, alors nous pourrons donner notre vie pour Lui ».
La soirée s’est terminée avec un très beau temps d’adoration introduit par un montage audio-visuel. A l’écran, d’abord se sont succédées des photos présentant un monde sans Dieu : photos de violence, de détresse, de guerre, de souffrance où les ténèbres semblaient avoir pris possession du monde. Puis, nous ont été présentés toute une série de visages de gens ordinaires visiblement heureux. Tous ces visages finalement se sont trouvés rassemblés en un unique visage, celui du Christ. Enfin sont apparus les visages de nos trois pères martyrs. A côté de leurs visages figuraient les mots suivants : « C’est pour cela qu’ils sont morts ; parce que les ténèbres ne peuvent supporter la lumière ».
A la lumière du Christ, symbolisée par un cierge pascal placé près du Saint Sacrement, chacun de nous a allumé sa bougie, pour que la lumière brille jusque dans les ténèbres de nos vies. A la fin de l’adoration, nous pouvions emporter avec nous cette bougie pour manifester notre désir de témoigner du Christ, la vraie lumière, et de faire disparaître les ténèbres, dans lesquelles vivent de nombreux hommes autour de nous. Moi aussi, j’ai pris ma bougie pour me rappeler que l’homme peut toujours être heureux à condition de vivre avec le Christ et de se laisser illuminer par sa lumière.
Le lendemain, dimanche 13 novembre, la Divine liturgie a été présidée par Mgr Méthode Stratiev, appelé selon la tradition « grand père Méthode». Dans son homélie, il nous a partagé des moments intéressants de ses rencontres avec le P. Kamen . Etaient présents aussi à la célébration le P. Blagovest (vicaire général), le P. Martin (religieux salésien) et nos pères de Plovdiv. L’église était pleine et les enfants ont participé activement, chantant avec émotion l’hymne de nos trois martyrs et portant leurs portraits. Après la messe et la bénédiction de « diado Metodi » (grand père Méthode), chacun de nous a reçu une petite médaille des trois bienheureux ainsi qu’un cierge que nous étions invités à venir déposer en procession dans la cour de l’église devant leurs trois portraits en signe de reconnaissance pour leur sainteté et leur amour de Dieu.
Après un verre de l’amitié, simple mais très cordial, la fête s’est achevée.
Cela fait déjà deux ans que cette très belle fête rassemble les jeunes, soulignant que la mémoire est vivante et que le sacrifice de nos pères n’a pas été vain. Leur sainteté nous illumine, elle éclaire nos pas sur le chemin de la vie.
Rocitsa
 

Home