Une heureuse nouvelle :

les condamnés du procès de 1952 réhabilités par le parlement bulgare

 

    Le mercredi 28 juillet 2010 restera comme un jour historique pour l’Eglise catholique en Bulgarie et pour notre famille religieuse de l’Assomption.

 

     En effet, le Parlement de la République de Bulgarie a adopté un décret corrigeant et complétant la Loi sur la réhabilitation politique et civique des personnes victimes de répression, dont l’initiative est à mettre au compte du député Lacezar Toshev, de confession orthodoxe, dans le cadre de la commission parlementaire chargée des droits de l’homme, des confessions religieuses, des plaintes et pétitions des citoyens.

Ils étaient tous innocents


    Ce décret réhabilite de façon officielle « les condamnés par la 3ème chambre correctionnelle du tribunal suprême dans le procès N° 452 de 1952 intenté contre les membres de l’Eglise catholique en Bulgarie » ainsi que les condamnés dans les deux procès intentés en 1949 contre les membres de l’Union des églises évangéliques.
    Suite à sa béatification en mars 1998, Mgr Evgueni Bossilkov a été réhabilité par la Justice bulgare au mois de mai 1999.

   

    En 2002, suite à la béatification des trois bienheureux martyrs Kamen Vitchev, Pavel Djidjov et Josaphat Chichkov, des démarches similaires avaient été entreprises pour leur réhabilitation officielle, mais celles-ci n’avaient pas abouti. Huit ans plus tard, la nouvelle initiative, cette fois-ci au niveau parlementaire, a conduit à la réhabilitation non seulement des bienheureux martyrs, mais de l’ensemble des 40 condamnés (dont 11 assomptionnistes) dans le cadre du procès contre les membres de l’Eglise catholique en Bulgarie.
 

   Ainsi, les condamnés, « accusés d’avoir fondé, dirigé ou aidé après le coup d’Etat du 9 septembre 1944 une organisation dont la tâche était de renverser, ébranler, affaiblir le pouvoir démocratique populaire établi en République populaire de Bulgarie par un coup d’Etat, une révolte, une émeute, par des actes de terrorisme, par des crimes constituant un danger pour l’ensemble de la société et par une intervention militaire de l’étranger », voient leur mémoire lavée 58 ans après leur condamnation.

 

    Cette réhabilitation intervient, certes, alors que tous les prêtres, religieux et religieuses bulgares impliqués dans ce procès ne sont plus de ce monde ; sans doute n’a-t-elle qu’une valeur bien relative pour eux qui connaissent maintenant la vraie justice après avoir rencontré le Juge juste et miséricordieux ; néanmoins nous ne pouvons que nous réjouir de voir la justice rétablie à notre niveau.
 

   Pour finir, il faut noter que par une heureuse coïncidence dont la providence a le secret, la joie de cette réhabilitation s’ajoute à celle de deux jubilés : celui des 150 ans de l’union à Rome des bulgares de rite byzantin qui est à l’origine de l’Exarchat apostolique de Sofia et celui du bicentenaire de la naissance du P. Emmanuel d’Alzon dont les fils spirituels ont payé un lourd tribut au cours du procès inique de 1952.
 

Daniel Gillier aa

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