Echos d'une visite à la communauté de Plovdiv

Voyageant à travers l’Europe du Sud pour les besoins d’une enquête sur l’égalité femmes/hommes (voir le site http://www.zeromacho.eu/), j’ai eu la chance d’accompagner le P. Lucas Chuffart, de passage à Plovdiv au cours de son année sabbatique.
L’hospitalité que j’ai reçue de la communauté a donné à ce séjour un intérêt exceptionnel : c’est une grâce d’avoir été accueillie avec tant de bonté et de générosité par les PP. Daniel, Petar et Claudio.

Je les remercie de m’avoir aidée à mieux comprendre la complexité de la situation bulgare, ainsi que les spécificités de leur difficile apostolat dans un pays où les catholiques sont très minoritaires.
Pendant les repas, tout en savourant la nourriture bulgare, puis pendant le moment si convivial de la vaisselle faite en commun, je méditais cette phase de Montaigne : « Le silence et la modestie sont qualitez tres-commodes à la conversation. » (Essais, 1,26)
Au petit déjeuner, on déguste des « raiski yabolki » (pommes du paradis), qu’on appelle en France « kakis ».

C’est pourquoi ce foyer a bien mérité que je le renomme « antichambre du paradis » !
Rencontrer deux religieuses oblates, S. Anna Maria et S. Eugenia, au cours du repas dominical où elles invitent l’ensemble de la communauté, a aussi été une grande chance.

Leur chaleureuse bienveillance m’a été droit au cœur.
Tous m’ont aidée à comprendre qu’à travers les vicissitudes de l’histoire, assomptionnistes et oblates vivent depuis 150 ans ce qu’ils appellent la « Mission d’Orient » : quels beaux témoignages de leur persévérance et de leur optimisme !
Découvrir un peu de la Bulgarie, admirer la belle ville ancienne de Plovdiv, rencontrer pour mon enquête des intellectuelles de Sofia, furent aussi de grands plaisirs.
Un temps fort de ce séjour fut le dimanche dans l’église de l’Ascension, avec la messe en rite oriental.

Sa célébration avec majesté par le P. Claudio a donné une force inouïe à l’exécution d’un rituel qui m’était inconnu.

Il m’a semblé percevoir ce qui unit les croyants à travers la diversité des rites : la sensation collective d’une présence.
Enfin vint le tant attendu voyage à Pokrovan !

L’accueil souriant des fidèles, l’hospitalité chaleureuse de S. Vasilia et de S. Bernadetta, la générosité discrète du P. Claudio et de M. Lioubcho qui nous accompagnaient ont donné à ces heures de ferveur et de partage la saveur d’une découverte qui fut un couronnement de notre séjour.


Florence Montreynaud, écrivaine, historienne
 

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