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   C’est toujours avec émotion que j’aborde la fête de nos bienheureux martyrs assomptionnistes bulgares : Josaphat Chichkov, Kamen Vitchev et Pavel Djidjov.
   Ma découverte de ces trois grandes figures assomptionnistes, et j’associe avec eux la mémoire du bienheureux Eugène Bossilkov, a commencé lorsque j’étais étudiant vivant en communauté à Lille.

   La Mission d’Orient me faisait rêvée et la visite du père Petar Ljubas à Lille me permettait de rêver davantage, l’écoutant me narrer son expérience orientale et ses rencontres avec des témoins d’alors, particulièrement Mgr Méthode Stratiev (jugé lui-aussi en 1952), décédé en 2006.
    C’est vraiment le 13 novembre 2008 que ce rêve a rejoint la réalité.

    Volontaire assomptionniste en Bulgarie depuis deux mois, je fêtais pour la première fois nos martyrs en l’église de l’Ascension de Plovdiv.

   On m’avait demandé pour cette occasion d’écrire une saynète pour les jeunes des paroisses de Kuklen et Plovdiv. Je me suis donc plongé de nouveau dans l’histoire de l’Assomption, dans son passé et dans ce qu’elle vivait aujourd’hui.

  J’avais voulu cette saynète tournée vers la miséricorde. Je faisais parler un bourreau communiste qui avait eu le père Kamen Vitchev comme professeur de philosophie au collège Saint Augustin de Plovdiv et qui était un des soldats qui avait tiré lors de leur exécution. Il venait reconnaitre l’aveuglement que le communisme avait produit en lui et demander pardon pour son crime.
   On le voyait assis dans le confessionnal de notre église, le visage du prêtre s’effaçait pour voir apparaître celui du père Kamen Vitchev qui venait lui donner le pardon de Dieu.
   A la fin de cette journée de mémoire, une sœur oblate vient me voir et me dit :
   « Alors, qu’est-ce que tu attends pour t’engager ? »
   J’ai pris cette interpellation sur le ton de la plaisanterie. En me baladant en soirée dans la communauté, dans la maison même où avait vécu le père Kamen Vitchev, je pouvais sentir tout le poids de sa vie raisonner sous mes pieds. A ce moment-là, des barrières d’hésitations tombaient et je me dis véritablement : « Pourquoi pas ? »
   J’ai demandé le postulat assomptionniste un mois plus tard !
   Le 13 novembre 2009, je fêtais nos martyrs dans la chapelle du noviciat de Juvisy qui porte leurs noms. Autant d’émotion !
   Le Supérieur Général, Richard Lamoureux, était là pour la visite canonique avec son assistant, André Brombard. Je pris la charge de l’animation liturgique et lu la vie des bienheureux Josaphat, Kamen et Pavel d’une voix remplie d’émotion et de tremblement. Tout en lisant, je me remémorais leur vie et mon année à Plovdiv.
   Maladroitement, je peux dire que faire mémoire des martyrs provoque en moi autant d’émotion parce que leur histoire m’est familière, je me la suis appropriée.
   Le 11 septembre 2010, j’ai prononcé mes premiers vœux de religieux assomptionniste. J’ai choisi d’associer à mon prénom de baptême celui du bienheureux Kamen Vitchev.
  Pourquoi ?

Loin de moi l’exotisme ou la nostalgie !

   Je l’ai choisi pour mettre mon engagement au service du Christ sous la figure de cet artisan d’unité.

   Kamen Vitchev, homme de culture et ouvert au dialogue, me permet d’actualiser la trilogie assomptionniste : vérité, charité, unité ou encore doctrinal, social et œcuménique.
   En fêtant en ce 13 novembre nos bienheureux martyrs assomptionnistes bulgares, nous ne faisons pas mémoire d’une injustice commise par le communisme lors du procès et de l’exécution de nos frères à Sofia en 1952 !
   Non, si nous fêtons aujourd’hui nos frères, c’est pour garder et actualiser des vies données pour la foi. C’est parce que le Christ les a façonné dans l’amour, que l’Eglise les a nourrit de la foi, que l’Assomption les a aidé à faire fructifier leurs dons au service de l’Evangile que nous pouvons intercéder par leurs noms auprès du Père.
   Que chacune et chacun, en cette fête, soit inviter à se tourner toujours plus vers le Christ, parce qu’il nous précède et nous devance dans le Royaume.
   Josaphat, Kamen, Pavel, que le témoignage de votre vie reconnue sainte nous fasse davantage prendre conscience que nous sommes à l’image du Dieu trois fois Saint !

Amitié dans le Christ
Fr. Geoffrey-Kamen
Toulouse
Ps : ci-joint le texte de la saynète intitulée : Le pardon.
 

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